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Musées près de «La Trétiakov du quai Kadachevskaïa»
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Une collection de sources matérielles de l'histoire russe sans égale par sa plénitude : archéologie, numismatique, armes et manuscrits côte à côte, cinq millions d'objets. Et une rareté d'un autre ordre : un ensemble intérieur en style néo-russe de Cherwood, intégralement conservé, monument à lui seul.
Une pirogue monoxyle vieille d'environ 3500 ans ; l'Évangéliaire de Mstislav du début du XIIe siècle ; le casque du prince Iaroslav Vsevolodovitch ; le globe de Blaeu ; des effets personnels de Pierre le Grand. Levez aussi les yeux : les salles sont peintes d'après des motifs de l'art de la vieille Russie et font elles-mêmes partie de la collection.
Moscou n’a pas de maison mémorielle de Pouchkine : il n’y a pas habité. La valeur de ce musée n’est pas dans l’authenticité des murs mais dans la plénitude d’une époque — un ensemble d’objets, de livres et de portraits qui restitue tout entier le temps de Pouchkine. Et c’est un temps où la noblesse russe écrivait ses lettres en français : les livres des vitrines sont en bonne part des livres français, et la salle du lycée se lit d’ici mieux qu’ailleurs. Pour les reliques, il faut aller à la Moïka, à Pétersbourg ; pour l’époque, c’est ici.
Les expositions permanentes « Pouchkine et son temps » (quinze salles dans le corps de logis) et « Les contes de Pouchkine » ; éditions parues de son vivant, portraits de son cercle, objets de la vie quotidienne du début du XIXe siècle.
Le plus grand fonds manuscrit consacré à un seul écrivain. La valeur est scientifique : on y voit comment le texte s’est fait — Tolstoï reprenait une phrase dix fois, et cela se voit à l’œil nu. C’est la matière même de la critique génétique, discipline née en France : ici les avant-textes sont sous vitrine. Pour la maison où il a vécu, il faut aller à Khamovniki.
Le fonds des manuscrits, avec des autographes de Tolstoï, des éditions parues de son vivant, des portraits et des photographies de l’écrivain et des siens. L’exposition suit les livres — d’« Enfance » à « Résurrection ».
Un musée bâti autour de ce qu’on ne pouvait pas déplacer : les culées du XVIe siècle sont restées à leur place, et l’édifice est venu par-dessus. Ce mode de présentation est rare, et c’est pour lui qu’on descend. Le Parisien connaît le principe par la crypte archéologique de l’île de la Cité — même descente sous une place, même parti pris.
Les culées en pierre blanche du pont Voskressenski sur la Néglinnaïa (XVIe-XVIIIe siècles) — le musée a été bâti autour d’elles ; des trésors monétaires trouvés au centre de la ville ; des objets de la vie moscovite médiévale.
Pour l'art chrétien éthiopien, la seule collection de Russie ; pour l'icône russe, un rival des musées d'État. À quoi s'ajoute une circonstance presque inouïe dans le monde pour une collection de ce niveau : l'entrée est libre.
L'icône russe du XIVe au XXe siècle — des panneaux de Novgorod à la peinture des vieux-croyants ; l'art chrétien éthiopien — seule collection de ce type en Russie ; une iconostase reconstituée et des icônes grecques post-byzantines.
Une collection commencée en 1894 par un particulier et devenue la plus grande collection théâtrale du monde — c’est le compte du musée, et il est difficile de le contester : un million et demi de numéros. Sa valeur tient à la continuité : le théâtre russe s’y suit de bout en bout, de la scène des serfs à aujourd’hui, et non par vedettes isolées. Ce que Paris a vu au Châtelet en 1909 et à l’Opéra les années suivantes fut dessiné par ces mains-là : les feuilles de Bakst et de Golovine pour les Ballets russes sont ici, et l’on y voit ce que la salle ne montre jamais, l’état antérieur à la représentation. Ce sont d’ailleurs des peintures de premier ordre — elles sont seulement inventoriées au théâtre. Le bâtiment principal a rouvert en 2024 après une longue restauration ; la composition de l’exposition permanente est à vérifier avant de partir.
Maquettes de décors et de costumes de Golovine, Bakst, Korovine, Exter et Tatline. Costumes et objets des grands acteurs. Maquettes de scène. Archives de théâtres et de metteurs en scène. L’hôtel de Bakhrouchine lui-même, bâti pour la collection.
Le musée de ville est en Europe un genre ordinaire, mais la matière est ici exceptionnelle par son ampleur : un million d’objets sur une seule ville. Carnavalet raconte Paris par des intérieurs choisis et des morceaux de bravoure ; ici, c’est l’inverse — la série est presque complète, et c’est une autre façon de connaître une ville. Le bâtiment compte aussi : les Magasins des vivres de Stassov, édifice Empire exemplaire dont l’intérieur est presque inaccessible.
L’exposition permanente « Histoire de Moscou » : archéologie du sol moscovite, vie urbaine, plans et vues de la ville siècle par siècle. À part, les Magasins des vivres eux-mêmes, monument Empire de Vassili Stassov.
à 1,8 km d’ici· Boulevard Zoubovski, 2, bâtiment 7 ··
Le seul musée bâti non autour d’un nom, mais autour de la littérature comme processus. De là sa force : des rapprochements impossibles dans une maison d’écrivain, et un fonds de 700 000 pièces pour les faire. La France a ses maisons — Balzac, Hugo, Zola ; un musée de la littérature prise comme telle, c’est autre chose.
L’exposition permanente « Zoubovski, 15 : maison de la science, des lettres et des arts » et des projets temporaires sur les lettres russes du XXe siècle.
à 1,9 km d’ici· Boulevard Zoubovski, 15, bât. 1 ··
Les musées orientaux d'Occident se sont formés par la voie coloniale ; cette collection est née de collections privées nationalisées et d'expéditions soviétiques. D'où les sections d'Asie centrale, du Caucase, de Bouriatie et de Tchoukotka que ni Londres ni Paris n'ont : là-bas, l'Orient commence à l'Inde et à l'Égypte, ici à ce qui se trouvait dans le pays et à ses portes. C'est pour cela qu'on y vient.
Tapis et toreutique d'Asie centrale et du Caucase, transférés du Fonds national des musées ; peinture qadjare iranienne et carreaux de céramique ; bronzes et porcelaines de Chine, estampes japonaises ; une section coréenne rare en Russie ; sculpture bouddhique de Bouriatie et de Mongolie.
Un appartement d’où rien n’a été emporté : Scriabine l’a loué pour ses trois dernières années et y est mort en 1915 ; il est devenu musée en 1922, presque sans interruption. Meubles, livres, piano et installation du cabinet sont les siens. Mais l’essentiel est ailleurs : Scriabine a pensé la musique avec la lumière, et la trace de ce projet subsiste dans l’appartement — la partition colorée de Prométhée et l’appareil lumineux. Aucun autre musée de compositeur en Russie ne montre l’idée et non seulement le train de vie.
Le Bechstein sur lequel furent écrites les dernières œuvres. Le cabinet et la bibliothèque annotés de sa main. La partition colorée de Prométhée et l’appareil de musique-lumière monté d’après son projet. Une salle de concert dans la même maison.
à 2,0 km d’ici· Bolchoï Nikolopeskovski péréoulok, 11
· n° 76
Le point de 5 musées n’est pas posé. Ils ne sont pas dans ce compte.