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Les musées littéraires de Moscou

Les maisons où l’on écrivait et les collections qui en gardent la trace. Un musée littéraire l’emporte rarement par un objet : il l’emporte par un lieu et un détail, et c’est pourquoi il importe plus que d’ordinaire de savoir à l’avance quoi regarder.

Littérature · depuis 2005

La maison de Gogol

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La maison de Gogol
Shakko, CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons
Le seul musée mémorial de Gogol au monde, et les murs authentiques de ses quatre dernières années. La valeur est topographique : la pièce, la cheminée et l’escalier donnent ce qu’aucune édition ne donne. On oublie souvent que les « Âmes mortes » ont été écrites pour l’essentiel hors de Russie — à Rome, et pour une part à Paris, où Gogol passa l’hiver de 1836 ; le livre est revenu ici pour y finir, dans cette cheminée.

Six pièces mémorielles — antichambre, salon, cabinet, chambre du souvenir ; la cheminée où, dans la nuit du 12 février 1852, Gogol brûla le manuscrit du second volume des « Âmes mortes ».

Boulevard Nikitski, 7a · ·
· n° 4
Littérature · depuis 1928

Le musée Dostoïevski

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Le premier musée Dostoïevski au monde, ouvert en 1928, et le seul lieu lié à son enfance : il y est né et y a vécu ses seize premières années, tandis que son père était médecin de l’hôpital Mariinski pour les pauvres. L’hôpital derrière la fenêtre n’est pas un décor mais une circonstance : l’enfant a grandi au milieu de la misère et de la maladie, et la moitié de ses livres vient de là. La maison de Balzac, à Passy, montre où l’on écrivait ; ici l’on voit où un écrivain s’est formé, ce qui est une autre question et une pièce plus rare. La collection est mince et il reste peu d’objets de la famille : il faut le savoir avant de venir, car la valeur est dans le lieu même.

L’appartement d’un médecin de l’hôpital Mariinski, restitué d’après les souvenirs du frère de l’écrivain. Quelques objets authentiques de la famille. La vue de la fenêtre sur la cour de l’hôpital, celle que Dostoïevski voyait enfant.

Rue Dostoïevskogo, 2 ·
· n° 78
Littérature · depuis 1934

Musée de la littérature Dal

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Musée de la littérature Dal
Levnevskiy, CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons
Le seul musée bâti non autour d’un nom, mais autour de la littérature comme processus. De là sa force : des rapprochements impossibles dans une maison d’écrivain, et un fonds de 700 000 pièces pour les faire. La France a ses maisons — Balzac, Hugo, Zola ; un musée de la littérature prise comme telle, c’est autre chose.

L’exposition permanente « Zoubovski, 15 : maison de la science, des lettres et des arts » et des projets temporaires sur les lettres russes du XXe siècle.

Boulevard Zoubovski, 15, bât. 1 · ·
· n° 8
Littérature · depuis 1957

Musée Pouchkine, Pretchistenka

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Musée Pouchkine, Pretchistenka
NVO, CC BY-SA 2.5 · Wikimedia Commons
Moscou n’a pas de maison mémorielle de Pouchkine : il n’y a pas habité. La valeur de ce musée n’est pas dans l’authenticité des murs mais dans la plénitude d’une époque — un ensemble d’objets, de livres et de portraits qui restitue tout entier le temps de Pouchkine. Et c’est un temps où la noblesse russe écrivait ses lettres en français : les livres des vitrines sont en bonne part des livres français, et la salle du lycée se lit d’ici mieux qu’ailleurs. Pour les reliques, il faut aller à la Moïka, à Pétersbourg ; pour l’époque, c’est ici.

Les expositions permanentes « Pouchkine et son temps » (quinze salles dans le corps de logis) et « Les contes de Pouchkine » ; éditions parues de son vivant, portraits de son cercle, objets de la vie quotidienne du début du XIXe siècle.

Pretchistenka, 12/2 ·
· n° 2

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