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Les musées de Budapest se répartissent entre quatre quartiers : les maîtres anciens et les collections ethnographiques place des Héros, la peinture hongroise et le palais médiéval dans le château de Buda, l’Aquincum romain et l’avant-garde à Óbuda, l’art contemporain et la mémoire de la Shoah à Ferencváros. La collection Esterházy, achetée par l’État hongrois en 1870-1871, a formé la Galerie nationale de tableaux, dont est sorti plus tard le Musée des Beaux-Arts. La carte muséale de la ville bouge encore : plusieurs grands fonds sont en déménagement ou en travaux.
remarquablecompris dans le billet du musée, 5 800 HUF
De ces suites gravées sur l’Apocalypse de saint Jean, peu nous sont parvenues entières, et le musée a réuni celles qui ont décidé de la façon dont l’Europe se figure la fin du monde : Lucas Cranach l’Ancien et son atelier, les burins de Jean Duvet, les lithographies qu’Odilon Redon fait paraître en 1899. Le modèle, c’est Albrecht Dürer qui l’a fixé, et deux siècles de gravure s’y sont tenus ; ce qui varie d’une feuille à l’autre n’est pas le sujet mais la doctrine, laquelle se lit dans l’agencement même des figures. Le dernier mot revient aux Hongrois du XXe siècle, et d’abord à Béla Kondor, dont l’« Apocalypse aux poupées et aux machines » date de 1956.
Au XIXe siècle on partait pour l’Italie à cause des académies, et à cause des Raphaël, des Titien, des Caravage restés dans les églises ; Antal Ligeti en rapportait ses paysages…
Où la main se trompait, et comment on rattrapait l’erreur : voilà ce dont il est question, avec les matériaux dont on disposait et les règles qui commandaient le dessin.
5 mars — 31 décembre 2026 · Dans le lapidaire médiéval.
On vient ici pour les Espagnols. Acheté d’un seul tenant, le fonds Esterházy a donné à Budapest une suite presque ininterrompue de peinture espagnole, du XVe siècle au tournant du XXe, et cette suite tient son rang auprès du Louvre et de l’Ermitage. La Renaissance italienne y est plus mince qu’à Vienne ou à Dresde. L’art hongrois manque entièrement : il se trouve de l’autre côté du fleuve, à la Galerie nationale, deux maisons d’une même institution qui se sont partagé la matière.
La Madone Esterházy de Raphaël, un panneau parmi les 637 tableaux achetés par l’État en 1870-1871. Les salles espagnoles : Le Greco, Velázquez, Ribera, Murillo, Goya. 263 tableaux hollandais et flamands sont venus du même achat. Le département égyptien conserve sarcophages, stèles et mobilier funéraire. Dans la sculpture ancienne, un Cavalier de bronze que le musée rattache à Léonard de Vinci.
Dózsa György út 41, 1146 Budapest (place des Héros) ··
La peinture hongroise est rassemblée ici comme nulle part ailleurs. Csontváry et Szinyei Merse sortent rarement du pays, et l’on ne peut se faire une idée d’eux que dans ces salles. Les retables donnent une seconde raison de monter : des armoires complètes, sculpture et volets ensemble, quand les collections européennes n’en gardent le plus souvent que des panneaux isolés. L’art étranger reste mince ; le département international va de Courbet à Baselitz et ne prétend remplacer ni Paris ni Vienne.
Les retables gothiques à volets : des armoires d’autel entières, tirées des églises paroissiales de Haute-Hongrie et réunies dans une même salle. Pique-nique en mai de Pál Szinyei Merse, peint en 1873 et refusé par ses contemporains. La salle de Tivadar Csontváry Kosztka, avec Le Cèdre solitaire et Pèlerinage aux cèdres du Liban. L’Apprenti qui bâille de Mihály Munkácsy. La sculpture de la fin du siècle et le modernisme hongrois : József Rippl-Rónai, Károly Ferenczy, Lajos Gulácsy.
Szent György tér 2, 1014 Budapest (château de Buda) ··
C’est ici que la forme de l’histoire hongroise se donne à voir, et elle se donne en objets : or avare, inscriptions romaines, armes, sceaux. Deux des plus belles pièces sont pour l’instant hors d’atteinte, ce qui change le calcul d’une visite. Le fonds romain y est plus riche qu’au Kunsthistorisches de Vienne, la Pannonie ayant occupé ce sol ; la sculpture médiévale y est plus rare qu’à la Galerie nationale, de l’autre côté du fleuve.
Le lapidaire romain au sous-sol : pierres inscrites et sarcophages de Pannonie. Aux confins de l’Orient et de l’Occident, mobilier funéraire du paléolithique à la conquête, avec l’or des tombes avares. L’Histoire de la Hongrie en deux volets, de la couronne de saint Étienne à 1990. Le manteau de couronnement de 1031 et le trésor de Seuso sont fermés pour travaux depuis décembre 2025 ; tant qu’ils durent, venir pour eux ne mène à rien.
On vient pour l’orgue. Les instruments romains se connaissent en nombre par l’image ; un seul a survécu, et il est ici — ni Naples, ni Londres, ni Cologne n’en possèdent. Le chantier lui-même reste modeste auprès de Pompéi et d’Ostie : les murs montent d’un demi-mètre, les étages ont disparu, et la ville se reconstitue sur plan. Qui donne une journée à la Hongrie romaine aura intérêt à commencer par le lapidaire du Musée national et à finir ici.
L’orgue hydraulique de 228, le seul orgue romain conservé au monde. Lajos Nagy le trouva en 1931 dans la cave d’une caserne de pompiers incendiée : plus de quatre cents pièces de bronze. Une plaque latine nomme l’acheteur, Caius Iulius Viatorinus, chef des pompiers, qui offrit l’instrument à ses hommes. La stèle d’Aelia Sabina, femme d’un organiste, porte une inscription sur son jeu. Des sols de mosaïque et un mithraeum se distinguent sur le chantier ; la maison du Peintre garde ses peintures murales.
La vie paysanne hongroise est ici plus densément rassemblée qu’ailleurs, mais on vient pour les fonds d’outre-mer, que ce pays sans colonies n’aurait pas dû posséder. Les pièces néo-guinéennes de Bíró sont arrivées à Budapest parce que l’Autriche-Hongrie ouvrait des portes à ses naturalistes. Auprès du Musée royal de l’Afrique centrale à Tervuren, la part congolaise reste modeste ; la part océanienne tient son rang parmi les plus fortes d’Europe. Le bâtiment de 2022 forme la seconde raison : les salles enfouies, le toit rendu au parc.
La collection d’Océanie, environ 14 500 objets, dont les trois quarts réunis par quatre hommes autour de 1900. Lajos Bíró rapporta six mille pièces de Nouvelle-Guinée entre 1896 et 1901, avec trois cents photographies. 466 objets du Congo vinrent en 1910 d’Emil Torday, qui travaillait pour le British Museum. La salle des céramiques aligne les poteries du monde entier sans séparer l’ici de l’ailleurs. Zoom, la seconde présentation permanente, porte sur le déplacement du regard porté sur autrui.
Des trois lieux qui parlent de la Shoah à Budapest, celui-ci est le seul à tenir une présentation permanente et savante ; la Maison de la Terreur mêle deux dictatures en un seul récit, et les chaussures du quai du Danube sont un signe sans explication. Auprès de Yad Vashem ou du musée de Washington, l’exposition reste modeste et ne traite que d’un pays. Ce qu’elle fait, elle le fait avec exactitude : l’année 1944 hongroise est déroulée semaine par semaine, et l’on voit à quelle vitesse tout s’est joué.
La synagogue de Baumhorn, 1923, sa salle restaurée, dressée à l’intérieur du bâtiment neuf. L’exposition permanente : le chemin qui va de la privation des droits aux déportations de 1944, dit par des documents, des objets et le sort de familles précises. Le mur des noms dans la cour.
La maison natale de l’homme qui obligea les médecins à se laver les mains montre l’histoire de la médecine du dedans d’une vie ; le Wellcome de Londres et le musée de l’Académie de médecine à Paris conservent davantage, et aucun ne noue ainsi un lieu à une personne. Le fonds est mince : deux maisons, une heure et demie pour les deux. Qui attend toute l’histoire de la médecine hongroise n’en aura ici que le commencement.
La tombe de Semmelweis, dans la cour de sa maison natale. Des instruments de médecine, de l’antiquité au XXe siècle, réunis dans toute l’Europe. La pharmacie de l’Aigle d’Or de la Tárnok utca : l’aménagement d’une officine ancienne, ses armoires, ses vases et son laboratoire. Des cires anatomiques du XVIIIe siècle.
Les statues de Buda sont une découverte qui a modifié ce qu’on savait de la sculpture de cour en Europe centrale vers 1400 ; rien de ce cercle ne subsiste en nombre ni en état comparables à Vienne ou à Prague. Le reste est plus faible : l’histoire de la ville est racontée vite, et le palais, relevé après la guerre, se laisse difficilement lire. Une salle justifie la montée.
Les statues gothiques du palais royal : plus de soixante torses remontables et des milliers de fragments, trouvés en 1974 dans la cave comblée d’une maison bourgeoise devant le palais. Elles furent taillées pour la cour de Sigismond de Luxembourg (1387-1437) par des maîtres venus de plusieurs régions d’Europe ; certaines sont entrées en terre inachevées. La salle gothique a gardé ses niches à sièges. La chapelle du palais et les caves qui la portent.
Szent György tér 2, bâtiment E, 1014 Budapest (château de Buda) ··
L’avant-garde hongroise fut en grande part l’œuvre d’un seul homme, et cet homme est réuni ici. Ni la Galerie nationale ni le Ludwig ne le donnent d’un tenant : on y accroche des pièces isolées, tandis qu’ici le travail entier est rassemblé, revues et typographie comprises. Le musée est petit et demande une préparation : sans quelque idée de l’avant-garde européenne des années 1920, la moitié de ce qui est accroché restera du papier sur un mur. Qui connaît le constructivisme russe et le groupe LEF sera en pays connu — Kassák les lisait et les contestait.
Les revues de Kassák, A Tett et MA, dans des numéros qu’il a composés et mis en pages lui-même. Des peintures et collages de sa main, de l’activisme des années 1920 aux constructions tardives. Des lettres et papiers sur ses heurts avec le pouvoir, celui de Horthy d’abord, celui des communistes ensuite.
Kiscelli répond à la question de ce dont une ville est faite : enseignes, pharmacie, presse, meubles, un siècle de peinture. Aucun autre musée de Budapest ne réunit pareille collection d’objets urbains, et une dizaine de personnes par jour montent la colline pour la voir. La nef ruinée forme la seconde raison : des murs nus et le ciel au lieu d’une voûte font à la sculpture moderne ce qu’une salle blanche ne lui fait pas. Le Moyen Âge et Rome se cherchent ailleurs, au Musée du Château et à Aquincum.
La presse Columbia de l’imprimerie Landerer et Heckenast, sur laquelle furent tirés le 15 mars 1848 le Chant national et les Douze Points. La collection d’enseignes de corporations, unique en Hongrie. La pharmacie du Lion d’Or, dont l’aménagement des années 1830 a été transporté entier. La nef ruinée de l’église, où l’on montre l’art d’aujourd’hui.
Kiscelli utca 108, 1037 Budapest ··
· n° 110
Notre échelle de valeur
La note est ici la nôtre — le jugement de ceux qui établissent ce catalogue. Elle parle de ce pour quoi l'on va au musée : là où il y a une collection, de la collection ; là où il n'y en a pas, du bâtiment, de l'ensemble ou du monument et de ce que l'on montre dans leurs salles. Ni la file dans la rue ni la sonorité d'un nom n'y entrent.
d'importance mondiale
Du même rang que les plus grands musées du monde.
remarquable
Vaut une visite faite pour lui seul.
notable
Il y a ici de quoi justifier la venue.
pour les passionnés
Il répond à qui vient pour le sujet même.
intérêt spécialisé
Précieux pour un cercle restreint et sans reconnaissance au-delà.
Une distinction à part
sous-estimé
Vaut plus que sa réputation : on le connaît moins qu'il ne le mérite
unique en son genre
Sans équivalent — ni dans le pays, ni ailleurs
à préparer
Certaines collections demandent qu’on ait lu quelque chose à leur sujet. À d’autres il suffit d’arriver dans la bonne disposition. Sans cela on ne voit que le motif, et non ce qui se tient derrière
ici c’est calme
Pas de foule : on regarde à son rythme et seul
Comment nous tenons cette liste
Vérifié le 22 août 2026 — sur les sites des musées et les sources ouvertes. Chaque notice porte sa propre date et l'indication de ce qui a servi à vérifier. Un prix que nous n'avons pu confirmer est signalé comme non confirmé ; le précédent ne reste pas dans la notice.
Combien de temps — pour l'essentiel, selon notre itinéraire minimal. Le café, la boutique et la file au vestiaire n'y sont pas comptés. Faire tout le musée prend presque toujours plus de temps.
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18 mai — Journée internationale des musées, célébrée depuis 1977 ; dans la nuit du 17 au 18 mai, la Nuit des musées. Ces jours-là les musées suivent un horaire particulier et l'entrée est souvent gratuite.
Si nous nous sommes trompés
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